AI Act & Conformité

Article 4 AI Act : la formation IA est-elle obligatoire ?

Depuis le 27 juillet 2026, l'article 4 de l'AI Act n'impose plus aux entreprises un niveau de maîtrise de l'IA précis. Le Digital Omnibus a remplacé cette obligation contraignante par une simple incitation. Former vos équipes reste vivement recommandé, et demeure requis pour les usages à haut risque. Voici ce qui a changé, ce qui subsiste, et ce que vous devez faire concrètement.

RRomain Bellaiche29 juillet 20269 min de lecture

Lire le guide complet

AI Act 2026 : le guide de conformité complet pour PME et associations

Article 4 AI Act : la formation IA est-elle vraiment obligatoire ?

Depuis le 27 juillet 2026, l'article 4 de l'AI Act n'impose plus aux entreprises un niveau de maîtrise de l'IA précis. Le Digital Omnibus a remplacé cette obligation contraignante par une simple incitation. Former vos équipes reste vivement recommandé, et demeure requis pour les usages à haut risque. Voici ce qui a changé, ce qui subsiste, et ce que vous devez faire concrètement.

Ce que dit l'article 4 de l'AI Act

L'article 4 porte sur la maîtrise de l'IA, pas sur une formation certifiante imposée. Le règlement européen 2024/1689, dit AI Act, définit la maîtrise de l'IA à son article 3, point 56 : les compétences, connaissances et la compréhension qui permettent aux fournisseurs, aux déployeurs et aux personnes concernées d'utiliser les systèmes d'IA en connaissance de cause, et de mesurer autant les opportunités que les risques.

Dans sa version d'origine, l'article 4 demandait aux fournisseurs et aux déployeurs de systèmes d'IA de prendre des mesures pour garantir un niveau suffisant de maîtrise de l'IA parmi leur personnel et les personnes qui manipulent ces systèmes pour leur compte. Le texte tenait compte du niveau technique, de l'expérience, de la formation et du contexte d'usage. Pour situer l'article 4 dans l'ensemble du règlement, notre guide de conformité AI Act pour PME reprend chaque chapitre en détail.

Ce qui a changé le 27 juillet 2026

La réponse courte : l'obligation a été allégée. L'AI Omnibus, proposé le 19 novembre 2025 dans le paquet Digital Omnibus, est entré en vigueur le 27 juillet 2026. Il simplifie plusieurs volets de l'AI Act, dont l'article 4. Selon la Commission européenne, l'ancienne exigence de maîtrise de l'IA pesant sur les entreprises est désormais remplacée par une incitation non contraignante, la Commission et les États membres prenant un rôle plus actif dans la promotion de la maîtrise de l'IA.

En pratique, cela signifie qu'aucun niveau « suffisant » de formation n'est plus imposé par le règlement à une entreprise qui se contente d'utiliser des outils d'IA. Le même texte a aussi reporté d'autres échéances : les règles sur les systèmes d'IA à haut risque s'appliqueront à partir du 2 décembre 2027, et celles qui visent l'IA intégrée à des produits physiques (machines, jouets, ascenseurs) à partir du 2 août 2028.

Article 4Avant le 27 juillet 2026Depuis le 27 juillet 2026
NatureObligation contraignanteIncitation non contraignante pour les entreprises
Niveau exigéNiveau « suffisant » de maîtrise de l'IAAucun niveau précis imposé
Rôle des autoritésContrôle du niveau des entreprisesLa Commission et les États membres promeuvent la maîtrise de l'IA
Haut risqueFormation requiseFormation toujours requise (article 26)

Attention à un point souvent mal compris : la plupart des articles publiés avant l'été 2026 décrivent encore une obligation ferme assortie d'amendes lourdes. Ce cadre a évolué. Si vous lisez ailleurs que la formation IA est strictement obligatoire pour toute entreprise sous peine de 15 millions d'euros d'amende, l'information n'est plus à jour.

Êtes-vous fournisseur ou déployeur ?

La quasi-totalité des PME sont des déployeurs, pas des fournisseurs. La distinction est centrale, car les obligations les plus lourdes de l'AI Act pèsent sur les fournisseurs, c'est-à-dire ceux qui développent et mettent un système d'IA sur le marché. Un déployeur, lui, utilise un système d'IA conçu par un tiers.

Une PME qui rédige ses devis avec ChatGPT, résume ses réunions avec Copilot ou traite ses e-mails avec Claude est un déployeur. Elle entre bien dans le champ de l'article 4, comme l'a confirmé la Commission dans sa foire aux questions sur la maîtrise de l'IA : une entreprise dont les salariés utilisent ChatGPT pour écrire des textes doit les informer des risques spécifiques, par exemple les hallucinations. Pour distinguer les rôles et savoir qui porte quelle responsabilité, lisez qui est concerné par l'AI Act.

Rappelons que les grands modèles de langage, ou LLM, comme l'IA générative en général, produisent des réponses plausibles mais parfois fausses. C'est précisément ce type de limite que la maîtrise de l'IA vise à faire comprendre à vos équipes.

La formation reste requise pour les systèmes à haut risque

Oui, dans ce cas précis, l'obligation de formation subsiste. L'allègement de l'article 4 ne touche pas l'article 26 du règlement, qui impose aux déployeurs de systèmes d'IA à haut risque de veiller à ce que le personnel chargé de leur fonctionnement dispose des compétences nécessaires pour assurer un contrôle humain effectif.

Autrement dit, si votre entreprise déploie un système classé à haut risque, par exemple pour le tri de candidatures, l'évaluation de solvabilité ou certaines décisions RH, la formation de vos équipes reste une exigence légale. Ce point vaut la peine d'être vérifié au cas par cas, car la classification en haut risque conditionne une bonne partie de vos obligations. Notre calendrier complet de l'AI Act précise les dates d'application par catégorie de système.

Sanctions et contrôle : qui applique l'article 4 ?

Les autorités nationales de surveillance du marché, à partir du 2 août 2026. La supervision de l'article 4 ne relève pas de l'AI Office européen mais des autorités désignées dans chaque État membre. En France, selon le domaine concerné, ce rôle revient à des autorités comme la CNIL, l'ARCOM ou la DGCCRF.

Il faut rester mesuré sur les sanctions. L'article 4 n'ouvre pas droit à une amende automatique. Les manquements relèvent du régime général des sanctions prévu au chapitre XII du règlement, appliqué de façon proportionnée : la nature, la gravité, la durée du manquement et son caractère intentionnel ou négligent sont pris en compte. Une sanction devient surtout plausible en cas d'incident lié à une absence manifeste de formation et d'encadrement. Pour approfondir le sujet des sanctions liées à la formation, voyez notre article sur les sanctions de l'AI Act et la formation.

Faut-il quand même former vos équipes ? Oui, et voici pourquoi

Au-delà de la lettre du règlement, la maîtrise de l'IA reste un vrai besoin opérationnel. Le fait que l'obligation soit allégée ne rend pas la formation inutile, pour trois raisons concrètes.

D'abord, la responsabilité ne disparaît pas. Un salarié qui envoie des données clients sensibles dans un outil grand public, ou qui reprend sans vérification une réponse fausse, expose l'entreprise à des risques bien réels : fuite de données, erreur de facturation, atteinte à la réputation. Le RGPD, lui, continue de s'appliquer pleinement.

Ensuite, il y a le retour sur investissement. Des équipes qui savent formuler une demande, vérifier une sortie et repérer une limite tirent bien plus de valeur des mêmes outils. C'est la différence entre une licence payée et une licence utilisée.

Enfin, la maîtrise de l'IA prépare les échéances à venir. Les règles sur le haut risque arrivent fin 2027 : les entreprises qui auront déjà acculturé leurs équipes aborderont cette étape sans précipitation. Pour cadrer une démarche interne, notre offre de formation IA en entreprise part des usages réels de vos équipes plutôt que d'un catalogue générique.

Comment documenter votre démarche de maîtrise de l'IA

Pas besoin de certificat : un registre interne suffit. La Commission l'indique clairement dans sa foire aux questions : l'article 4 n'impose ni certificat, ni AI officer, ni comité de gouvernance dédié. Il n'oblige pas non plus à mesurer formellement les connaissances des salariés. Ce qui compte, c'est de pouvoir démontrer une démarche sérieuse et adaptée à vos usages.

Voici une trame simple et proportionnée pour une PME :

  • Recensez les outils d'IA réellement utilisés dans l'entreprise, y compris ceux adoptés spontanément par les équipes.
  • Identifiez votre rôle pour chaque outil : simple déployeur dans la grande majorité des cas.
  • Évaluez le niveau de risque : un assistant de rédaction n'appelle pas les mêmes précautions qu'un outil de décision RH.
  • Prévoyez une action d'acculturation adaptée à chaque public, du dirigeant à l'opérationnel.
  • Conservez une trace : dates, contenus abordés, participants, supports remis.

Cette trace peut prendre la forme d'un simple tableau partagé. Un audit IA préalable aide à prioriser, surtout si vos usages se sont multipliés sans cadre clair. La maîtrise de l'IA s'inscrit ainsi dans une trajectoire plus large de montée en compétence sur l'IA en entreprise.

Questions fréquentes

L'article 4 de l'AI Act est-il toujours en vigueur en 2026 ?

Oui. L'article 4 existe toujours et s'applique depuis le 2 février 2025. Depuis l'entrée en vigueur de l'AI Omnibus le 27 juillet 2026, l'exigence d'un niveau « suffisant » de maîtrise de l'IA pour les entreprises a toutefois été remplacée par une incitation non contraignante.

La formation IA est-elle obligatoire pour ma PME ?

Pas au sens strict, si vous êtes un simple déployeur d'outils comme ChatGPT ou Copilot. Elle reste en revanche requise si vous déployez un système d'IA classé à haut risque, au titre de l'article 26. Dans tous les cas, elle demeure fortement recommandée.

Quel niveau de formation faut-il atteindre ?

Le règlement ne fixe plus de niveau précis. La bonne pratique consiste à adapter l'effort au risque réel de vos usages et au profil de vos équipes, plutôt que de viser un standard universel.

Qui contrôle le respect de l'article 4 en France ?

Les autorités nationales de surveillance du marché, à partir du 2 août 2026. Selon le domaine, il peut s'agir de la CNIL, de l'ARCOM ou de la DGCCRF.

Risque-t-on une amende de plusieurs millions d'euros ?

Ce chiffre, souvent avancé, doit être nuancé. L'article 4 n'entraîne pas d'amende automatique. Les manquements relèvent du régime général du chapitre XII, appliqué de façon proportionnée à la gravité et au contexte.

Faut-il un certificat ou un organisme agréé ?

Non. Aucun certificat n'est exigé. Un registre interne de vos actions d'acculturation suffit à démontrer votre démarche.

Comment GrowthPerf accompagne les PME et associations

GrowthPerf est un organisme de formation certifié Qualiopi, spécialisé dans l'IA, le no-code et l'automatisation pour les PME et les associations d'Île-de-France. Nous partons de vos outils et de vos usages réels pour construire une acculturation utile, pas d'un programme théorique déconnecté du terrain. L'objectif n'est pas seulement de cocher une case de conformité, mais de rendre vos équipes autonomes et prudentes face à l'IA.

Si vous voulez faire le point sur votre situation au regard de l'article 4, de vos usages actuels et des échéances à venir, réservez un audit gratuit de 30 minutes. Nous cartographions vos outils, évaluons votre exposition et vous indiquons les priorités concrètes. Pour aller plus loin, notre guide de conformité AI Act pour PME et notre formation IA en entreprise vous donnent le cadre complet.

R
Romain Bellaiche

Expert IA & No-Code

Évaluez votre maturité IA en 3 minutes

Répondez à quelques questions et obtenez un diagnostic personnalisé avec des recommandations adaptées à votre secteur.

Évaluer ma maturité IA